L’erreur de Balaam

Derek Prince
Published: 1995
Last Updated: 2026 m. spalis
Read Time: 9
This teaching is not currently available in Lietuvių.
Les dons spirituels ne peuvent remplacer un caractère conforme à Dieu, et l’amour de l’argent peut détourner une personne de l’obéissance à Dieu. Derek Prince s’appuie sur la chute de Balaam pour distinguer les capacités spirituelles du fruit spirituel et mettre en garde contre l’utilisation du ministère à des fins lucratives.
Avant d’aborder le contenu de cette lettre d’enseignement, il serait utile de vous familiariser avec le récit biblique de Balaam :
- Nombres 22-25
- Nombres 31
À première vue, on pourrait penser que l’histoire de Balaam, le devin, rapportée dans Nombres 22-25, n’a guère de rapport avec les chrétiens d’aujourd’hui. Pourtant, les auteurs du Nouveau Testament font référence à Balaam dans trois passages distincts, chaque fois sous la forme d’un avertissement. Son histoire contient donc manifestement des leçons importantes pour les chrétiens.
Balaam est un personnage étrange et fascinant : une combinaison déconcertante de dons spirituels surnaturels et d’un caractère corrompu. Fait significatif, nous voyons aujourd’hui de plus en plus de ministères dans l’Église présenter cette même combinaison de dons spirituels et de caractère corrompu.
L’histoire de Balaam commence alors qu’Israël campe enfin à la frontière de Canaan. Sa présence inspire de la crainte à Balak, roi de Moab, dont le territoire jouxte le camp des Israélites. Il considère apparemment Israël comme une menace pour son royaume, alors que les Israélites n’ont rien fait pour justifier cette crainte.
Se sentant incapable d’affronter Israël au combat, Balak décide d’utiliser contre lui des armes spirituelles. Il envoie plusieurs de ses princes, munis du prix de la divination, chercher Balaam afin qu’il vienne maudire Israël. En tant que « devin » — diseur de bonne aventure ou sorcier —, Balaam avait la réputation de prononcer des bénédictions ou des malédictions produisant de puissants effets, en bien comme en mal.
Balaam venait de Pethor, en Mésopotamie. Il n’était pas Israélite. Pourtant, il avait une connaissance personnelle et directe du seul vrai Dieu. Lorsque Balak lui demanda de maudire Israël, il répondit : « Je ne pourrais absolument rien faire qui enfreigne l’ordre de l’Éternel, mon Dieu. » (Nombres 22:18) Dans certaines traductions anglaises, le terme « LORD », écrit en majuscules, traduit le nom sacré de Dieu en hébreu, rendu par « Jéhovah » ou « Yahvé ». Balaam connaissait Dieu par son nom sacré et l’appelait « mon Dieu ». Lorsque les envoyés de Balak arrivèrent, Dieu dit à Balaam de ne pas partir avec eux et de ne pas maudire Israël. (Nombres 22:12)
Balak réagit en envoyant une délégation plus nombreuse composée de princes de plus haut rang, avec la promesse d’une récompense beaucoup plus importante. Cette fois, le Seigneur donna à Balaam la permission de partir à condition que les hommes viennent l’appeler (Nombres 22:20).
Pourtant, rien dans le récit n’indique que ces hommes soient revenus appeler Balaam. Malgré cela, il partit et, par sa désobéissance, provoqua la colère du Seigneur, qui s’opposa à lui pendant son voyage et faillit le faire mourir. Finalement, toutefois, le Seigneur lui permit de poursuivre son chemin, mais posa cette condition : « Tu ne feras que répéter les paroles que je te dirai. » (Nombres 22:35)
Balak accueillit Balaam et prépara tout avec le plus grand soin pour qu’il maudisse Israël. Mais chaque fois, le résultat fut exactement l’inverse. Au total, Balaam prononça quatre prophéties qui comptent parmi les révélations les plus belles et les plus puissantes de l’Écriture concernant l’engagement irrévocable de Dieu à bénir Israël.
Empêché par Dieu de maudire Israël, Balaam proposa alors une autre stratégie contre le peuple. (Voir Nombres 31:16.) Si les femmes moabites parvenaient à entraîner les Israélites dans l’idolâtrie et l’immoralité, il ne serait plus nécessaire de les maudire : Dieu lui-même exercerait son jugement sur eux. Cette deuxième stratégie de Balaam réussit et vingt-quatre mille Israélites périrent sous le jugement de Dieu. (Nombres 25:1-9)
Dans tout cela, Balaam manifesta une incohérence stupéfiante. À plusieurs reprises, il lui avait été explicitement interdit de maudire Israël. Par révélation surnaturelle, il avait affirmé quatre fois le dessein immuable de Dieu de bénir Israël et de juger ses ennemis. Pourtant, il s’obstina à coopérer avec Balak, l’ennemi d’Israël, et à comploter la destruction du peuple. Il était donc approprié qu’il périsse dans le même jugement que les autres ennemis d’Israël, exécuté par les Israélites en même temps que les rois de Madian. (Nombres 31:8)
Nous sommes amenés à nous demander : quel mobile pouvait être assez puissant pour pousser Balaam à agir directement contre la révélation qu’il avait reçue de Dieu, jusqu’à provoquer sa propre destruction ? Deux auteurs du Nouveau Testament donnent une réponse claire et précise.
Parlant de faux docteurs dans l’Église, Pierre dit :
« Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l’iniquité. » (2 Pierre 2:15)
Jude, parlant lui aussi de faux docteurs, déclare :
« Ils se sont jetés, pour un salaire, dans l’égarement de Balaam. » (Jude 11)
La réponse est claire. Balaam fut entraîné vers sa destruction par l’amour de l’argent. Pour de l’argent, il était prêt à prostituer ses merveilleux dons spirituels. Il était probablement aussi flatté par l’attention que lui accordaient le roi Balak et ses princes. L’amour de l’argent est étroitement associé au désir de popularité et de pouvoir. Toutes ces mauvaises convoitises poussent dans le même sol : l’orgueil.
Les leçons de Balaam
Il y a trois leçons importantes que nous devons tirer de l’histoire de Balaam.
Premièrement, le Dieu tout-puissant a pris un engagement irrévocable : établir les Juifs comme son peuple pour toujours. Aucune puissance dans l’univers, humaine ou satanique, ne pourra jamais annuler cet engagement. Les Juifs ont été infidèles à Dieu à de nombreuses reprises et Dieu a exercé sur eux de sévères jugements, mais leur infidélité ne pourra jamais annuler la fidélité de Dieu.
Il est important de comprendre que l’initiative vient de Dieu et non des hommes. Ce ne sont pas les Juifs qui ont choisi Dieu ; c’est Dieu qui a choisi les Juifs. J’ai un jeune ami, ancien musulman — appelons-le Ali — qui s’est converti à Christ de manière surnaturelle. Après sa conversion, il commença à exposer à Dieu tous ses griefs contre les Juifs. Finalement, Dieu lui répondit : « Ali, ce n’est pas avec les Juifs que tu as un problème, mais avec moi. C’est moi qui les ai choisis. » Aujourd’hui, ce jeune homme exerce un ministère auprès des musulmans pour les gagner à Christ et leur enseigne à prier pour les Juifs.
Dans Nombres 24:9, la prophétie de Balaam révèle un facteur décisif dans la destinée des hommes et des nations. S’adressant à Israël, il dit :
« Béni soit quiconque te bénira, et maudit soit quiconque te maudira ! »
Les individus comme les nations déterminent leur destinée, souvent sans même s’en rendre compte, par leur attitude envers les Juifs. Ceux qui bénissent sont bénis et ceux qui maudissent sont maudits.
Deuxièmement, l’une des armes les plus puissantes et les plus efficaces de Satan contre nous est l’amour de l’argent. Cela est vrai depuis les premiers jours du christianisme jusqu’à aujourd’hui. Un ministère accompagné de puissants signes surnaturels, particulièrement de miracles de guérison, peut presque toujours devenir un moyen de gagner de l’argent.
Dans 2 Corinthiens 2:17, Paul établit un contraste entre son ministère et celui de beaucoup de ses contemporains chrétiens : « Nous ne sommes pas comme tant d’autres qui se livrent au trafic de la parole de Dieu. » Même à l’époque de Paul, de nombreux chrétiens utilisaient leur ministère pour gagner de l’argent !
L’argent en lui-même n’est pas mauvais. Être riche n’est pas nécessairement un péché. Par nature, l’argent est neutre : il peut être utilisé pour le bien comme pour le mal. Mais lorsque nous commençons à aimer l’argent, nous tombons dans le piège de Satan. Dans 1 Timothée 6:9-10, Paul emploie des termes particulièrement solennels pour nous mettre en garde :
« Or ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans un piège, et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition ; car c’est une racine de toutes sortes de maux que l’amour de l’argent : ce que quelques-uns ayant ambitionné, ils se sont égarés de la foi et se sont transpercés eux-mêmes de beaucoup de douleurs. »
Dans mon propre ministère, j’ai souvent enseigné le plan de Dieu pour faire prospérer les croyants qui sont engagés dans les desseins de son royaume. Pourtant, avec le recul, je regrette chaque occasion où j’ai enseigné ce message sans l’équilibrer par l’avertissement de Paul dans 1 Timothée 6. Dans mon esprit, je vois les croyants qui ont succombé à l’amour de l’argent comme des personnes qui ont pris un poignard tranchant et empoisonné et l’ont planté dans leur propre chair. C’est assurément ce que Balaam a fait.
Troisièmement, nous devons comprendre la différence entre les dons spirituels et le fruit spirituel. Les dons représentent une capacité ; le fruit représente le caractère. Un don se reçoit en un instant, alors que le fruit résulte d’un lent processus de développement.
Recevoir un don spirituel ne change pas, en soi, le caractère d’une personne. Si quelqu’un était orgueilleux, peu fiable ou trompeur avant de recevoir un don spirituel, il restera orgueilleux, peu fiable ou trompeur après l’avoir reçu.
Recevoir un tel don accroît toutefois la responsabilité d’une personne, parce qu’il augmente l’influence qu’elle peut exercer sur les autres. Il comporte aussi la tentation de mesurer la « réussite » dans la vie chrétienne à l’exercice des dons spirituels plutôt qu’au développement d’un caractère conforme à Dieu. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, plus une personne reçoit de dons, plus elle doit veiller à cultiver le fruit. Lorsque nous passerons du temps à l’éternité, nous laisserons nos dons derrière nous, mais notre caractère nous accompagnera pour toujours.
Balaam avait une vision claire de la fin bénie réservée aux justes, comme le montre sa prière :
« Que je meure de la mort des justes, et que ma fin soit semblable à la leur ! » (Nombres 23:10)
Pourtant, la prière de Balaam ne fut pas exaucée. Il fut exécuté lors du jugement de Dieu contre les Madianites, dont l’argent l’avait tenté au point de le pousser à prendre position contre Dieu.
Le sort de Balaam illustre de manière saisissante l’enseignement de Jésus dans Matthieu 7:21-23 :
« Ceux qui me disent : “Seigneur, Seigneur !” n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : “Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ?” Alors je leur dirai ouvertement : “Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité.” »
En termes simples, rien ne peut remplacer l’obéissance à Dieu. Elle seule nous assure une place dans le ciel.

Nemokamas parsisiuntimas
Šį mokomąjį laišką galima atsisiųsti, atsispausdinti ir dalytis juo asmeniniam ar bažnytiniam naudojimui.
Atsisiųsti PDFKodas: TL-L005-100-FRA












