Le fruit de l'Esprit

Derek Prince
Published: 2019
Last Updated: Nobyembre 2026
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Le caractère chrétien se cultive avec le temps, contrairement aux dons spirituels, qui sont accordés gratuitement. Dans cette lettre, le fruit de l’Esprit est présenté comme l’amour qui s’exprime par la joie, la paix, la patience et d’autres qualités qui plaisent à Dieu. Les étapes de croissance décrites par Pierre montrent pourquoi les efforts, la discipline et l’amour sont importants pour ressembler davantage à Jésus.
Alors que nous arrivons au terme de cette série de lettres d’enseignement, « Qui est le Saint-Esprit ? », j’espère que la beauté, le mystère et la présence du Saint-Esprit ont touché votre vie d’une manière profonde et transformatrice.
Revenons brièvement sur le chemin parcouru jusqu’ici. Dans notre première étude, nous nous sommes concentrés sur le Saint-Esprit comme troisième Personne de la Trinité, dans laquelle « l’unité » et la « pluralité » sont éternellement combinées. Nous avons ensuite examiné trois aspects de sa nature qui transcendent notre compréhension humaine : il est éternel, omniscient et omniprésent. Dans le récit du serviteur d’Abraham qui trouva une épouse pour Isaac, nous avons vu le Saint-Esprit comme le Serviteur effacé du Père et du Fils. Nous avons ensuite considéré son rôle en tant qu’Esprit de Vérité, l’Aide promis qui demeure avec nous et en nous.
Le précédent enseignement traitait des neuf dons du Saint-Esprit, qui nous sont accordés pour nous préparer à devenir l’épouse de Christ. Dans cette sixième et dernière lettre de notre série, nous étudierons le fruit de l’Esprit.
Les dons et le fruit
Il est important de comprendre que les dons et le fruit ne sont pas de la même nature. Voilà qui peut être illustré en comparant un sapin de Noël et un pommier. Un sapin de Noël peut porter des cadeaux : il suffit d’un geste pour les y attacher comme pour les recevoir. La personne à qui est destiné le présent n’investit ni temps ni effort.
Par contre, il faut à la fois du temps et un dur labeur pour cultiver un pommier. Pour produire des fruits, l’arbre devra passer par une série d’étapes qui peuvent prendre plusieurs années.
Tout d’abord, la semence doit être mise en terre. Une racine sortira pour s’enfoncer dans le sol tandis que le germe poussera vers le haut et donnera un arbre après plusieurs années. En leur temps, des fleurs apparaîtront sur l’arbre, elles tomberont ensuite pour faire place aux fruits.
Si on veut que l’arbre devienne fort, les fleurs ou les jeunes fruits doivent être enlevés durant les premières années pour permettre aux racines de bien se développer et de supporter ainsi un arbre bien résistant. Il faudra attendre plusieurs années pour pouvoir manger les premières pommes (sous la loi de Moïse, il fallait au moins quatre ans ; voir Lévitique 19:23-25).
Le développement du caractère
J’ai souligné dans une lettre précédente qu’un aspect des dons du Saint-Esprit est qu’ils ne peuvent être mérités ni nous être retirés. C’est la nature d’un don. En revanche, le fruit de l’Esprit est lié à notre caractère et doit donc être cultivé, comme les pommes sur le pommier de notre exemple. Jésus a dit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits » (Matthieu 7:16, LSG). C’est notre caractère, et non nos dons, qui révèle au monde qui nous observe qui nous sommes réellement.
Pendant toute cette évolution, on ne peut pas séparer la semence du fruit. Le fruit viendra de la semence, mais il faut le fruit pour produire davantage de semences. Au début de la création, Dieu a ordonné que les arbres donnent du fruit et aient en eux leur semence selon leur espèce (voir Genèse 1:12). Un important principe spirituel en découle : les chrétiens qui n’ont pas de fruit dans leur propre vie n’ont pas non plus de semence à planter dans les autres vies.
Les neuf aspects du fruit spirituel se retrouvent dans Galates 5:22-23 :
« Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. »
L’amour — la principale forme du fruit — vient en premier. Ce qui suit peut être compris comme étant différentes façons par lesquelles le fruit de l’amour se manifeste :
- La joie est l’amour qui se réjouit.
- La paix est l’amour qui se repose.
- La patience (ou endurance) est l’amour qui supporte.
- La bonté est l’amour qui se fait le serviteur des autres.
- La bénignité (bonté) est l’amour qui cherche le meilleur pour les autres.
- La fidélité est l’amour qui garde ses promesses.
- La douceur est l’amour qui panse les blessures des autres.
- La tempérance est l’amour qui se maîtrise.
Nous pourrions aussi décrire le fruit de l’Esprit comme étant différentes manières par lesquelles le caractère de Jésus se manifeste à travers ceux dans lesquels il demeure. Quand tous les aspects du fruit sont pleinement développés, c’est comme si Jésus lui-même, par le Saint-Esprit, était incarné dans son disciple. Tel devrait être le but de tout chrétien.
La question est donc : comment cultiver ce fruit dans notre vie ?
Sept étapes
Nous trouvons une réponse dans 2 Pierre 1:5-7, où l’apôtre cite sept étapes successives du développement du caractère chrétien pleinement formé :
« À cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l’amour fraternel, à l’amour fraternel la charité. » (2 Pierre 1:5-7)
Pierre commence par nous rappeler que, pour réussir ce processus, il nous faudra faire tous nos efforts. Le développement du caractère chrétien exige des efforts sérieux et un travail soutenu. Le mécanisme que Pierre décrit pourrait être comparé à celui par lequel un pépin de pomme se développe pour donner une pomme mûre. La semence est la parole de Dieu plantée dans le cœur. Cela produit la foi qui est le point de départ indispensable. Ensuite, à partir de la foi, il y a sept étapes successives de développement.
La première étape est traduite tantôt par « vertu », tantôt par « excellence morale ». Dans le grec courant de l’époque, ce mot désignait l’excellence dans n’importe quel domaine de la vie, qu’il s’agisse de fabriquer un vase d’argile, de diriger un bateau ou de jouer de la flûte. Ici aussi, dans ce verset, il s’applique à tous les domaines possibles de la vie.
Un enseignant qui devient chrétien se doit d’être un excellent enseignant. Une infirmière chrétienne devrait être une excellente infirmière. Un homme d’affaires qui se convertit devrait exceller dans sa branche particulière. Aucun domaine de la vie chrétienne ne laisse de place au laisser-aller ou à la paresse.
L’étape numéro deux est la science (ou connaissance). Il y a bien sûr différentes sortes de connaissance. Celle qui est mise en valeur dans la Parole est avant tout d’ordre pratique et pas seulement théorique, elle produit des résultats. Pour moi qui avais étudié la philosophie spéculative avant de connaître Jésus-Christ, ce qui m’a le plus impressionné au sujet de la Bible a été son caractère intensément pratique.
La connaissance la plus essentielle dans la vie chrétienne est celle de la volonté de Dieu telle qu’elle nous est révélée dans les Écritures. Cette connaissance est elle aussi pratique et exige une étude régulière et systématique de la Bible tout entière.
« Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » (2 Timothée 3:16-17, LSG)
Je suis toujours stupéfait lorsque je découvre que de nombreux chrétiens n’ont jamais lu la Bible entièrement ; sans s’en rendre compte, ces personnes mettent elles-mêmes des limites à leur développement spirituel.
La troisième étape, après la science, est la tempérance, ou maîtrise de soi — également appelée autodiscipline (voir 2 Timothée 1:7). C’est ici qu’un chrétien doit prouver qu’il est un véritable disciple, c’est-à-dire soumis à une discipline, et pas seulement quelqu’un qui appartient à une église.
Cette sorte de discipline doit être exercée dans tous les domaines essentiels de notre personnalité : nos émotions, attitudes, appétits, pensées. Elle doit contrôler non seulement nos actions mais, ce qui est encore plus important, nos réactions.
Pour accéder à la quatrième étape, la persévérance (ou patience), nous devons avoir acquis cette qualité de discipline. Cela implique la capacité de surmonter les tests et les épreuves qui exposeront inévitablement les domaines faibles et indisciplinés de notre personnalité. Vous demandez-vous parfois pourquoi certains chrétiens ne progressent jamais au-delà d’un certain niveau de développement spirituel ? Ils ne satisfont jamais à ces deux exigences : la maîtrise de soi et la persévérance (ou endurance).
Les trois dernières étapes
Dans les trois dernières étapes du développement, la beauté du véritable caractère chrétien se dévoile. La première est la piété (ou ressemblance avec Dieu). C’est ce qui caractérise une vie centrée sur Dieu, une personne devenue un vase qui porte la présence de Dieu. Là où une telle personne va, on trouvera une atmosphère remplie d’un parfum unique et pénétrant. Même s’il n’y a aucune prédication ou activité religieuse, les gens deviennent étrangement conscients des réalités éternelles.
L’évangéliste britannique Smith Wigglesworth, aujourd’hui décédé, a relaté un incident qui illustre l’influence d’une personne pieuse sur une atmosphère non religieuse. Après un temps de prière personnelle, Smith monta dans un train et prit sa place dans un wagon. Sans qu’il ait prononcé le moindre mot, l’homme qui était assis en face de lui et qui ne le connaissait absolument pas s’écria : « Votre présence me convainc de péché. » Smith put alors le conduire à Jésus-Christ.
Les deux dernières étapes du développement décrivent deux sortes d’amours. La première — l’amour fraternel — décrit la qualité des relations que les croyants devraient avoir entre eux, c’est-à-dire avec leurs frères et sœurs dans la foi. Permettez-moi de vous dire quelque chose qui pourra peut-être vous choquer, mais qui est basé sur plus de cinquante années d’étroite association avec des chrétiens de toutes dénominations : il n’est pas facile de s’aimer entre chrétiens.
Quand j’ai commencé à méditer sur cette liste des sept étapes du développement spirituel, j’ai été surpris que cet amour fraternel arrive presque en fin de liste. Mais j’ai ensuite réalisé combien la Bible est réaliste.
Cela est largement confirmé par deux mille ans d’histoire de l’Église. C’est à peine si un seul siècle s’est écoulé sans qu’il soit marqué par d’amères querelles et luttes entre des groupes chrétiens rivaux qui prétendent souvent tous être « la véritable Église ». Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que le fait qu’une personne affirme avoir reçu le salut en Jésus-Christ ne signifie pas que son caractère tout entier a été instantanément transformé. Certainement, un processus de changement a commencé, mais il se peut que plusieurs années soient nécessaires pour que la transformation se manifeste dans chaque domaine du caractère de la personne.
Quand David a eu besoin de pierres bien lisses pour sa fronde afin de tuer Goliath, il est descendu dans la vallée, l’endroit de l’humilité. Là, dans le lit du torrent, il a trouvé la sorte de cailloux qu’il cherchait (1 Samuel 17:40). Qu’est-ce qui avait rendu ces pierres lisses ? Deux sortes de pression. Tout d’abord, l’eau qui passait sur elles et ensuite, le fait qu’elles se frottaient constamment les unes aux autres.
Cela représente la formation du caractère chrétien. D’abord, il y a ce constant « lavage d’eau par la parole » (Éphésiens 5:26, Darby). Ensuite, tandis que les pierres se frottent les unes aux autres dans les relations personnelles, leurs arêtes vives s’usent peu à peu jusqu’à devenir « lisses ».
Aimer sincèrement nos compagnons chrétiens est une marque de maturité spirituelle. Nous devons les aimer non seulement pour ce qu’ils sont en eux-mêmes, mais pour ce qu’ils valent aux yeux de Jésus qui a versé son sang pour chacun d’eux.
L’étape finale du développement — la charité ou amour agape — représente le fruit mûr et complet du caractère chrétien. Il ne s’agit plus d’aimer seulement nos frères et sœurs dans la foi. C’est l’amour de Dieu qui s’étend à ceux qui sont ingrats et impies. C’est l’amour qui nous pousse à agir ainsi : « bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent » (Matthieu 5:44, LSG).
C’est l’amour que Jésus-Christ a démontré sur la croix lorsqu’il a prié pour ceux qui le crucifiaient : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Luc 23:34). Il s’agit du même amour qui a poussé Étienne à prier pour ceux qui le lapidaient : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! » (Actes 7:60). C’est encore cet amour qui changea Paul le persécuteur en Paul le serviteur de Christ qui devint « tout à tous, afin d’en sauver de toute manière quelques-uns ». (1 Corinthiens 9:22)
En ce qui me concerne, quand je contemple l’image biblique du fruit de l’Esprit entièrement développé, je me sens à la fois humble et inspiré : humble car il me reste encore beaucoup de chemin à faire, inspiré parce que j’ai aperçu quelque chose de plus beau que tout ce que ce monde peut offrir.
Alors que nous terminons cette série sur le Saint-Esprit, je prie pour que votre vie ait été profondément touchée. J’espère que vous avez entrevu ce que pourrait être votre propre vie : remplie du Saint-Esprit, abondante en fruits et imprégnant l’atmosphère autour de vous du parfum de la sainteté. Terminons cette série en proclamant ces paroles puissantes de Paul dans Philippiens 3:13-14 :
« Je ne pense pas l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ. » (Philippiens 3:13-14)

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