L’humanisme : précurseur de l’antéchrist

Derek Prince
Published: 1994
Last Updated: octobre 2026
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L’humanisme élève l’humanité au-dessus de Dieu et rejette son autorité. Derek Prince en retrace les racines dans la pensée grecque et avertit que cette séduction prépare la voie à l’antéchrist. L’Écriture appelle le peuple de Dieu à tenir ferme sur sa parole, à aimer la vérité et à résister au mensonge de Satan qui glorifie l’homme.
« Car notre lutte n’est pas contre des personnes faites de chair et de sang, mais contre des personnes n’ayant pas de corps — contre les dictateurs du monde invisible, êtres sataniques et puissants princes des ténèbres qui régissent notre monde, contre les légions d’esprits démoniaques du monde spirituel. » (Éphésiens 6:12, libre traduction publiée par DPM France)
Dans la lettre d’enseignement précédente, nous avons examiné les qualités requises pour être apte à régner avec Christ. Dans cette lettre, nous allons considérer la nécessité de reconnaître la nature spirituelle du combat.
En tant que disciples de Jésus-Christ, nous nous trouvons pris dans un conflit qui implique à la fois le ciel et la terre. Les puissances auxquelles nous faisons face sont des « personnes n’ayant pas de corps » : des puissances spirituelles mauvaises du monde invisible qui s’opposent à toute véritable justice et cherchent à établir la domination de Satan sur le monde entier.
Notre responsabilité dans ce conflit est exceptionnelle, car c’est à nous seuls que Christ a confié le discernement spirituel et les armes qui peuvent nous procurer la victoire. Les gouvernements et les armées de ce monde, qui agissent uniquement dans le domaine naturel, n’ont aucune compréhension de ce conflit et aucun pouvoir pour affronter les forces sataniques dans les lieux célestes. Au contraire, sans même s’en rendre compte, ils sont eux-mêmes manipulés et contrôlés par ces forces.
Une condition essentielle pour remporter la victoire est d’identifier la nature des forces qui sont à l’œuvre dans une situation donnée. Ces derniers mois, alors que je méditais sur les événements mondiaux — en particulier ceux qui se déroulent aux États-Unis et en Israël —, je crois que Dieu m’a montré l’identité de la puissance mauvaise et trompeuse que Satan prévoit d’utiliser pour accomplir pleinement ses desseins pour la fin de cette époque. Il s’agit de l’humanisme.
J’avais jusque-là toujours considéré l’humanisme comme une erreur relativement inoffensive. En consultant un dictionnaire, j’ai été frappé par sa définition :
« Doctrine qui refuse toute puissance ou valeur morale qui serait supérieure à celle de l’humanité ; rejet de la religion en faveur d’une croyance dans le progrès de l’humanité par ses propres efforts. »
J’ai compris que l’humanisme n’est pas spirituellement neutre. Bien au contraire, il nie et rejette délibérément la puissance et l’autorité de Dieu. C’est une religion anti-religieuse. C’est pourquoi il peut être — et est souvent — enseigné dans des systèmes éducatifs, comme celui des États-Unis, qui interdisent l’enseignement de la religion dans son sens habituel.
J’ai décidé de remonter aux origines de l’humanisme à travers l’histoire, en commençant par le rêve de Nebucadnetsar : une statue avec une tête d’or, une poitrine et des bras d’argent, un ventre et des cuisses de bronze et des jambes de fer. Daniel expliqua que cette statue annonçait quatre empires païens qui se succéderaient. La tête représentait Babylone ; la poitrine et les bras, l’empire médo-perse ; le ventre et les cuisses, la Grèce ; et les jambes, Rome. (Daniel 2:31-40)
Un élément essentiel s’imposa alors à moi : les organes reproducteurs se trouvaient dans la partie de la statue correspondant à la Grèce. Avec ma connaissance de la philosophie grecque, cette image devint particulièrement parlante. Je compris que la Grèce, plus que n’importe lequel des autres empires, s’était reproduite à travers les cultures qui lui ont succédé au moyen de sa philosophie.
Deux des premiers philosophes grecs dont les paroles nous sont parvenues sont Héraclite et Protagore. Trois de leurs affirmations ont survécu :
- « Tout coule. »
- « On ne peut jamais entrer deux fois dans le même fleuve. »
- « L’homme est la mesure de toutes choses. »
Il est remarquable de constater à quel point ces trois affirmations résument l’essence de l’humanisme. Elles affirment que tout est relatif, qu’il n’existe aucun absolu moral ou juridique et que l’homme est l’autorité suprême de l’univers.
Il n’entre pas dans le cadre de cette étude d’analyser comment cette pensée a façonné d’abord les conceptions de l’Europe, puis, à travers l’Europe, celles de la « civilisation » contemporaine. Les Grecs idolâtraient l’intelligence humaine. Selon Aristote, Dieu était un intellect parfait se contemplant lui-même, parce que rien de moindre n’était digne de sa contemplation. C’est de cette conception qu’est née toute la philosophie du rationalisme.
Outre la philosophie, un autre élément majeur de la culture grecque était l’importance accordée aux compétitions athlétiques. Leurs Jeux olympiques constituaient en réalité une forme d’idolâtrie de la prouesse sportive, qui a repris vie à notre époque. Aujourd’hui, les programmes télévisés les plus regardés sont les grandes compétitions sportives internationales.
Les Grecs avaient également tendance à dévaloriser la relation conjugale entre un homme et une femme et à considérer une relation homosexuelle entre deux hommes comme plus « satisfaisante intellectuellement ». Dans leurs sculptures, le corps masculin idéalisé était généralement représenté nu, tandis que le corps féminin était drapé d’une sorte de robe.
Les prétendus « dieux » grecs manifestaient toutes les défaillances morales de l’humanité : la convoitise sexuelle, l’immoralité, la jalousie, l’esprit de vengeance et la tromperie. Il y avait, en réalité, une absence totale de code moral contraignant. Cela laissait l’homme libre d’être son propre dieu et d’établir son propre code moral. Après tout, on ne peut pas attendre d’un peuple qu’il vive à un niveau supérieur à celui de ses propres dieux.
Toutes ces conséquences de l’humanisme grec sont devenues de plus en plus évidentes dans notre culture occidentale au cours du XXe siècle. En 1992 cependant, l’esprit de l’humanisme lança une nouvelle offensive majeure contre les États-Unis et Israël. Presque simultanément, un épais nuage de ténèbres spirituelles descendit sur les deux nations.
Lors des élections nationales de cette année-là, la force spirituelle qui porta au pouvoir l’administration Clinton aux États-Unis et la coalition travailliste en Israël était un humanisme manifeste et sans mélange. Les deux gouvernements représentaient un rejet ouvert et délibéré des lois justes de Dieu et des alliances qu’il avait conclues avec l’homme, d’abord par Moïse puis par Jésus-Christ. Ils ont démontré que, poussé jusqu’à son aboutissement, l’humanisme croira tout sauf la vérité et tolérera tout sauf la justice.
Cette exaltation de l’homme est la force qui donnera finalement naissance à l’Antéchrist, dont le nom est le nombre de l’homme (Apocalypse 13:18), l’homme sans loi, qui s’oppose et s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’installer dans le temple de Dieu et se proclamer lui-même Dieu (2 Thessaloniciens 2:3-4).
L’Écriture révèle qu’il placera sous sa domination tous ceux qui ont refusé l’amour de la vérité. Pour cette raison, Dieu leur enverra une puissance d’égarement afin qu’ils croient au mensonge — au mensonge originel par lequel Satan séduisit nos premiers parents : « Vous serez comme Dieu » (Genèse 3:5), ou « comme des dieux ». Cette exaltation de l’homme à la place de Dieu introduira la « grande tribulation », une période d’agonie mondiale si terrible qu’elle surpassera même l’Holocauste de 1939-1945 (Matthieu 24:21-22).
Mais avant cette période finale de tribulation, Dieu a encore des desseins extraordinaires à accomplir, aussi bien pour Israël que pour l’Église. Une moisson de miséricorde précédera la moisson du jugement. La préparation de Dieu à cet effet est révélée dans Zacharie 9:13 : « Je soulèverai tes fils, Sion, contre tes fils, Grèce. »
Les « fils de Grèce » sont ceux qui adhèrent à la séduction de l’humanisme. Les « fils de Sion » sont ceux qui prennent position sur la parole infaillible de Dieu, en s’attachant à la fois à ses promesses et à ses alliances. Ils seront issus aussi bien de l’Israël naturel que de l’Église professante. Il sera dit d’eux : « Ils l’ont vaincu [Satan] à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. » (Apocalypse 12:11) Ce seront des personnes animées d’une priorité qui surpasse toutes les autres : accomplir la volonté de Dieu sera plus important pour elles que de préserver leur propre vie.
Face à ce défi, chacun de nous doit se poser cette question : suis-je prêt à prendre position comme l’un des fils de Sion ?
Numériquement, les forces de l’humanisme nous dépassent de très loin. Pourtant, nous pouvons prendre courage à l’exemple d’Asa, roi de Juda. Asa dut faire face à l’invasion d’une armée d’une supériorité écrasante. Sa prière de détresse transforma une défaite certaine en victoire totale. Pour nous aujourd’hui, sa prière constitue un merveilleux modèle pour faire face aux forces de l’humanisme qui cherchent à s’élever.
« Eternel, personne d’autre que toi ne peut venir en aide à un faible contre un fort. Viens donc à notre secours, Eternel notre Dieu ! Car c’est sur toi que nous nous appuyons, et c’est en ton nom que nous marchons contre cette multitude. Eternel, tu es notre Dieu, ne permets pas qu’un homme l’emporte sur toi ! » (2 Chroniques 14:10, BDS)
Levons-nous ensemble pour prier !

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