Lépreuve la plus difficile

Derek Prince
Published: 2020
Last Updated: août 2026
Read Time: 10
Dans la vie, nous savons rarement quand une période d’épreuve est vraiment terminée. Dans cette lettre, Derek Prince révèle quelle peut être l’épreuve la plus difficile de toutes. Sa réponse est inattendue, mais elle nous conduit à un principe biblique essentiel, riche en sagesse et en applications pratiques pour aujourd’hui.
Mes deux lettres précédentes avaient pour thème l’épreuve dans la vie chrétienne. Nous avons vu que l’épreuve produit en nous l’endurance et la maturité nécessaires pour atteindre notre destinée éternelle : régner avec Christ. Elles traitaient d’abord du sens à donner à l’épreuve, et ensuite du comportement à adopter dans l’épreuve. Par ce troisième et dernier enseignement concernant ce thème, je désire vous entretenir de l’épreuve la plus difficile à laquelle nous sommes confrontés.
Une épreuve inattendue
Si je demande à chacun individuellement : « Quelle est l’épreuve la plus difficile à laquelle est confronté le chrétien ? », je recevrai probablement des réponses très diverses. Ma réponse peut d’ailleurs en surprendre plus d’un, mais elle est fondée sur plus de cinquante années d’expérience dans le ministère chrétien. Je crois que l’épreuve la plus difficile à aborder, celle que nous avons le moins de chance de surmonter avec succès, c’est l’épreuve de la réussite.
Dans Ecclésiaste 7:8, le roi Salomon nous met en garde :
« Mieux vaut la fin d’une chose que son commencement ; mieux vaut un esprit patient qu’un esprit hautain. »
En d’autres termes, ce n’est pas la manière dont vous démarrez une course qui détermine son succès, mais celle dont vous la finissez.
Un pasteur chinois, un vétéran qui avait passé plus de vingt ans en prison pour sa foi et qui a récemment rejoint le Seigneur, a fait le commentaire suivant : « J’ai vu beaucoup de personnes dont le départ fut excellent, mais peu dont la fin fut bonne. » Et je partage sa constatation.
Nous allons à présent considérer l’exemple de plusieurs rois d’Israël qui obtinrent du succès au cours de leur vie.
L’orgueil de Saül
Saül, le premier roi d’Israël, était un jeune homme fort et remarquable et qui obtint, au début de sa carrière, certains succès militaires. Cependant, lorsqu’il fut envoyé par Dieu en mission contre les Amalécites, il laissa sa peur des hommes l’envahir et le dominer, ce qui l’empêcha d’obéir complètement au commandement de Dieu. C’est pourquoi le prophète Samuel vint lui délivrer le message selon lequel Dieu l’avait rejeté en tant que roi.
Cette parole délivrée à Saül par Samuel, dans 1 Samuel 15:17, expose bien la racine du problème :
« Lorsque tu étais petit à tes yeux, n’es-tu pas devenu le chef des tribus d’Israël ? »
Tant que Saül demeurait humble, Dieu pouvait le bénir ; mais lorsqu’il devint orgueilleux, Dieu dut le mettre à l’écart.
Voilà qui s’applique à chacun. Lorsque nous sommes petits à nos propres yeux, nous laissons agir la grandeur de Dieu. Mais quand nous devenons grands à nos propres yeux, nous ne laissons plus Dieu manifester sa grandeur à travers notre vie. L’orgueil de Saül le mena à une fin tragique. La dernière nuit de sa vie, il consulta une nécromancienne et, le lendemain, il se suicida sur le champ de bataille.
L’oubli de David
Le roi suivant, David, était un homme selon le cœur de Dieu. Durant des années, il vécut en fugitif, persécuté et pourchassé par le roi Saül. Cependant, il sortit victorieux des épreuves et il en témoigne de manière admirable dans le Psaume 18:21-22 :
« L’Éternel m’a traité selon ma droiture, il m’a rendu selon la pureté de mes mains ; car j’ai observé les voies de l’Éternel, et je n’ai point été coupable envers mon Dieu. »
Pourtant, au fil du temps, David changea, ainsi que le montrent ses paroles au Psaume 51:1-2 :
« Ô Dieu, fais-moi grâce conformément à ta bonté ! Conformément à ta grande compassion, efface mes transgressions ! Lave-moi complètement de ma faute et purifie-moi de mon péché. »
Qu’est-il arrivé ? Pourquoi un tel changement ? David avait pourtant fait l’expérience d’un succès entier. Il était roi de tout Israël, victorieux de tous ses ennemis. Il jouissait du fruit de la réussite. Il n’allait plus livrer bataille à présent et il restait à Jérusalem, libre de s’adonner à ses fantaisies.
Aussi ne tarda-t-il pas à séduire Bath-Chéba, la femme de son voisin Urie, et à perpétrer le meurtre de ce dernier pour masquer son adultère. À l’apogée de sa réussite, il oublia les principes par lesquels il avait vécu avant d’être roi.
Grâce à Dieu, il reconnut sa faute et s’en repentit ; Dieu lui pardonna son péché. Néanmoins, cela jeta une ombre sur sa descendance de génération en génération. Dieu l’avertit dans 2 Samuel 12:10 : « Maintenant, l’épée ne s’éloignera jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé et parce que tu as pris la femme d’Urie le Héthien, pour en faire ta femme. » Il est important pour chacun d’entre nous de réaliser que le pardon de Dieu n’annule pas obligatoirement toutes les conséquences de nos péchés.
L’idolâtrie de Salomon
Le fils de David, Salomon, qui lui succéda en tant que roi, était bien-aimé de Dieu qui l’avait choisi. Il reconnut humblement son besoin de sagesse, et Dieu lui ajouta également honneurs et richesses. Il devint le plus sage, le plus riche et le plus célèbre de tous les rois d’Israël.
Cependant, en dépit de toute sa sagesse, Salomon ne passa pas avec succès l’épreuve de la réussite.
« À l’époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d’autres dieux ; et son cœur ne fut point tout entier à l’Éternel, son Dieu, comme l’avait été le cœur de David, son père. Salomon alla après Astarté, divinité des Sidoniens, et après Milcom, l’abomination des Ammonites. Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, et il ne suivit point pleinement l’Éternel, comme David, son père. » (1 Rois 11:4-6)
En dépit de son glorieux commencement, Salomon mourut en idolâtre.
Deux autres rois
Après le règne de Salomon, le royaume fut divisé. Tous les rois d’Israël, le royaume du Nord, devinrent idolâtres et furent rejetés par le Seigneur. Plusieurs des rois du royaume du Sud, de Juda, se détournèrent aussi du Seigneur dans l’idolâtrie. Il y eut toutefois quelques rois vraiment justes et pieux, mais aucun d’eux ne passa entièrement avec succès l’épreuve de la réussite.
Le roi Ézéchias, par exemple, introduisit des réformes complètes et salutaires, et il rétablit le vrai culte de Jéhovah. Lorsque Sennachérib, roi d’Assyrie, fit le siège de Jérusalem, le Seigneur intervint et permit la délivrance miraculeuse d’Ézéchias et du peuple.
Plus tard, lorsque Ézéchias fut malade et sur le point de mourir, non seulement Dieu le guérit, mais il lui donna, en signe, le recul de dix degrés de l’ombre du soleil. Il promit également à Ézéchias quinze années ajoutées à ses jours.
Le signe miraculeux du recul du soleil en devint un de la renommée d’Ézéchias parmi les autres nations. À la suite de quoi, il reçut la visite des ambassadeurs des princes de Babylone. Flatté par leur attention, Ézéchias leur montra toutes les richesses de son royaume, mais il ne rendit pas témoignage et gloire à Dieu.
L’Écriture fournit un commentaire éclairant sur la conduite d’Ézéchias :
« Mais Ézéchias ne répondit point au bienfait qu’il avait reçu, car son cœur s’éleva [il devint orgueilleux] ; et la colère de l’Éternel fut sur lui, sur Juda et sur Jérusalem. » (2 Chroniques 32:25)
Plus tard, au cours de l’histoire de Juda, un autre roi juste se leva : le roi Josias. Comme Ézéchias, Josias introduisit des réformes radicales et il restaura le vrai culte à Jéhovah. Il détruisit également l’autel idolâtre de Béthel dans le royaume du Nord.
Mais les succès de Josias le rendirent sûr de lui et il devint téméraire. Sans consulter l’Éternel, et en dépit de son avertissement solennel, il s’opposa au pharaon Nécho, roi d’Égypte, et fut tué dans la bataille. Avec lui disparut la dernière étincelle d’espoir pour Juda.
Les hommes qui ont réussi dans le Nouveau Testament
Le Nouveau Testament nous propose-t-il des exemples aux normes semblables ? Regardons le personnage le plus représentatif, Jésus lui-même, et trois de ses principaux disciples, Pierre, Jean et Paul. Quelle fut leur fin ?
Jésus est, bien entendu, unique. Le Fils de Dieu parfait et sans péché. Il ne connut jamais l’échec. Cependant, il finit sa vie pendu, nu sur une croix, exposé aux moqueries des pécheurs. Ce fut la dernière fois que le monde vit Jésus. Sa résurrection ultérieure et la gloire qui s’ensuivit furent révélées uniquement « aux témoins choisis par Dieu » selon Actes 10:41. En ce qui concerne le monde, Dieu n’a pas cherché à rectifier le récit.
Quelle fut la fin de Pierre, le grand parmi les douze apôtres ? Selon les sources certaines de la tradition, Pierre finit également sa vie sur une croix, crucifié la tête en bas selon sa propre demande, car il ne se sentait pas digne de souffrir de la même manière que son Seigneur.
Nous n’avons aucun récit de la mort de Jean. Mais nous savons que, dans sa vieillesse, il fut banni sur un rocher désertique, l’île de Patmos, où il reçut les visions qu’il consigna dans le livre de l’Apocalypse.
Qu’advint-il de Paul ? Nous avons son propre récit de sa vie et de celle de ses compagnons :
« Jusqu’à cette heure, nous souffrons la faim, la soif, la nudité ; nous sommes maltraités, errants çà et là ; nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains ; injuriés, nous bénissons ; persécutés, nous supportons ; calomniés, nous parlons avec bonté ; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu’à maintenant. » (1 Corinthiens 4:11-13)
Finalement, après un ministère puissant et miraculeux qui ouvrit le monde païen à l’Évangile, Paul finit enchaîné dans une geôle romaine humide, oublié de la plupart de ses compagnons d’œuvre. Puis il fut emmené et exécuté publiquement par décapitation.
Que nous enseigne tout cela ?
Les récits de la fin de Jésus, de Pierre, de Jean et de Paul pourraient-ils donner à penser que tout chrétien engagé doit nécessairement mourir en martyre ? Ou encore que nul chrétien ne doit posséder de biens personnels ? Certes non. Mais ces récits soulignent un fait extrêmement important : nous ne devons jamais laisser le monde nous entraîner à accepter ses normes de réussite. Nous ne devons jamais rechercher l’approbation du monde.
Le désir de popularité est toujours dangereux, et Jésus émet des avertissements très fermes pour nous prévenir contre cela. Aux pharisiens, il dit :
« Ce qui est hautement estimé parmi les hommes est abomination aux yeux de Dieu. » (Luc 16:15)
Et à ses disciples, il dit :
« Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi qu’agissaient leurs pères à l’égard des faux prophètes ! » (Luc 6:26)
La clé du véritable succès
Ayant considéré la fin de ces cinq rois de l’Ancien Testament et celle de Jésus et de ses disciples, je me suis demandé quelle était la clé pour parvenir à une vie vraiment réussie.
Alors le Seigneur me montra deux passages des Écritures. Premièrement, les paroles de Paul dans 1 Corinthiens 7:25 :
« Je donne un avis, comme ayant reçu du Seigneur miséricorde pour être fidèle. »
Je vis que, pour être fidèle, je devais dépendre totalement de la miséricorde du Seigneur ; je ne peux m’appuyer sur aucune autre chose, que ce soit mon érudition, mes dons spirituels, mes réussites du passé, mes années de service dans le ministère chrétien. Une seule chose peut me garder fidèle : la miséricorde de Dieu.
Je dois en faire le but central de ma vie, afin d’en être consciemment et constamment dépendant. Je dois me tenir sur mes gardes contre toute tentative visant à brouiller ou émousser mon sens de dépendance vis-à-vis de Dieu. Je dois veiller, en particulier, à toute forme d’orgueil qui est, dans son essence, la confiance en moi-même.
Deuxièmement, les paroles de Jésus dans Jean 4:34 :
« Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre. »
La nourriture de Jésus — la source de sa vie et de sa puissance — était sa détermination, pleine et unique, à accomplir la volonté de Dieu jusqu’à la fin de sa vie. C’est là la vraie réussite vers laquelle doivent tendre vos efforts comme les miens. Est-ce ce genre de succès que vous espérez et que vous visez ? Demandons au Seigneur de nous aider à l’atteindre.
*Prayer Response
Père, je veux réussir dans la vie, d'une manière qui te plaise et qui accomplisse ton plan pour moi. Par ta grande miséricorde, aide-moi à éviter l'orgueil et à faire de ta volonté ma priorité jusqu'à la fin de mes jours. Merci, Seigneur. Amen.

Téléchargement gratuit
Cette lettre d'enseignement peut être téléchargée, imprimée et partagée pour un usage personnel ou en Église.
Code: TL-L135-100-FRA












