Un caractère à toute épreuve

Derek Prince
Published: 2021
Last Updated: août 2026
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Se préparer à l’avenir exige plus que de simples informations : il nous faut des fondements solides. Dans cette lettre, Derek Prince montre qu’une qualité essentielle nous permettra de faire face aux temps difficiles : la persévérance. Il explique pourquoi tenir bon jusqu’à la fin, résister et rester ferme dans la foi sont indispensables pour développer un caractère capable de traverser l’épreuve.
Pour la plupart d’entre nous, les jours qui viennent mettront notre endurance à l’épreuve. Ils ne seront pas faciles. Je crois vraiment que le défi qui nous attend sera une épreuve de caractère et de loyauté. Si vous et moi tenons bon dans l’épreuve, nous en sortirons comme de l’or éprouvé par le feu.
Dans cette lettre je voudrais cibler un simple mot : la persévérance. Ce mot n’est ni très populaire, ni très bien compris. Cependant, je crois que nous vivons des temps où il devient de plus en plus important de comprendre ce que signifie persévérer.
Un trait nécessaire
La version King James de la Bible a été traduite il y a plus de 300 ans, et le sens de certains mots a changé. Normalement, la version King James utilise le mot patience là où aujourd’hui on utiliserait plutôt le mot persévérance. Et là où nous parlerions de patience, la version King James utilise endurance.
La patience (ou endurance) est une volonté de supporter des personnes, des situations ou des circonstances irritantes sans perdre son sang-froid, en restant maître de soi et sans sortir de ses gonds. C’est une vertu chrétienne de grande valeur. Je suis conscient du fait que je pourrais en user plus moi-même. Mais quand la version King James utilise le mot patience, l’équivalent moderne serait endurance ou persévérance. Ce sont les mots utilisés dans la plupart des traductions modernes de la Bible. La forme verbale qu’utilise habituellement la version King James est « persévérer ».
En guise d’introduction à mon sujet, regardons les versets de deux textes : Matthieu 24 et Marc 13. Chacun de ces chapitres est une vision prophétique, donnée par Jésus sur le mont des Oliviers, quant à la situation mondiale durant les temps qui précéderont de peu son retour. Beaucoup des choses dont il parlait à ce moment-là se manifestent visiblement dans le monde d’aujourd’hui. Mon but dans cette lettre n’est cependant pas d’explorer des interprétations prophétiques, mais de cibler ce trait de caractère dont Jésus dit que nous aurons besoin pour traverser des temps comme ceux-là :
Un avertissement clair
Dans notre premier passage des Écritures, Matthieu 24:12-13, nous voyons un avertissement clair de Jésus.
« Et, parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » (Matthieu 24:12-13)
Remarquez qu’il y a une connexion directe entre l’iniquité et le manque d’amour. Quand les gens commettent l’iniquité, ils perdent l’amour.
Nous pensons souvent à l’amour comme quelque chose de spontané et de libre, qui ne requiert ni discipline ni lois. En fait, ce n’est pas juste. L’amour et la discipline marchent main dans la main.
Quand la discipline et la loi se détériorent, l’amour se refroidit. Le mot pour amour au verset 12 est agape, ce qui fait essentiellement référence à l’amour des chrétiens. Jésus n’est pas en train de dire que c’est l’amour du monde qui se refroidit, mais celui des chrétiens.
Au milieu de ce climat terriblement triste — l’iniquité accrue et l’amour se refroidissant — Jésus dit : « Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » Vous devez persévérer jusqu’à la fin. Le grec original dit : « Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, c’est celui qui sera sauvé. »
Une image très sombre
En Marc 13:12-13, vous remarquerez que l’avertissement est répété :
« Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents et les feront mourir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom, mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » (Marc 13:12-13)
C’est une image très sombre du degré de tromperie et de déloyauté qui sévit au cœur même des relations familiales, mais aussi envers les chrétiens qui seront haïs par les hommes. Là encore, l’exhortation reste la même : persévérer. Nous devons tenir bon. Quelquefois, tenir bon est tout ce que Dieu nous demande, mais cela peut être un travail à plein temps.
J’ai rencontré un missionnaire suédois qui a travaillé en France pendant de longues années. Il m’a dit avoir visité une prison près de Marseille, dans le sud de la France, où les huguenots français avaient été emprisonnés à cause de leur foi. Plusieurs d’entre eux sont entrés dans le donjon de la prison pour ne plus jamais en ressortir. Le missionnaire m’a raconté qu’un des prisonniers avait gravé sur la pierre du donjon un unique mot : résister. C’est le message qu’un croyant a laissé à tous ceux qui devaient le suivre dans ce lieu : Résistez.
Ne laissez pas tomber. Tenez le coup. Persévérez. Je crois que Dieu nous parle par ces mots aujourd’hui. Je prie que le Seigneur, au travers de sa Parole, mette de l’acier dans votre âme et vous donne une colonne vertébrale spirituelle, si vous n’en avez pas encore.
Le fruit de la tribulation
Considérons maintenant quelques principes très simples qui montrent comment nous pouvons cultiver la persévérance.
« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, à qui nous devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu. » (Romains 5:1-2)
Nous nous réjouissons à cause de ce que l’avenir nous réserve. Mais Paul poursuit en disant que nous nous réjouissons non seulement de ce que l’avenir nous réserve, mais aussi de ce que le présent nous offre — même si cela est très différent.
« Bien plus, nous nous glorifions même des tribulations, sachant que la tribulation produit la persévérance ; la persévérance, un caractère éprouvé ; et le caractère éprouvé, l’espérance. » (Romains 5:3-4)
Là où le verset 3 emploie le mot « glorifier », le terme grec signifie se réjouir, se vanter ou exulter. Pourquoi devrions-nous exulter dans la tribulation ? À cause de ce que la tribulation produit.
Une autre traduction dit : « La tribulation produit la persévérance ; la persévérance, un caractère éprouvé ; et le caractère éprouvé, l’espérance. » La persévérance produit donc le caractère. Voilà le cœur de l’endurance : le caractère.
Nous nous réjouissons — nous nous glorifions, nous exultons — dans la tribulation parce que la tribulation est le seul facteur qui produit la persévérance, et la persévérance produit un caractère éprouvé. Tout au long de ma vie, j’ai marché avec de nombreux frères et sœurs avec lesquels j’ai partagé des difficultés, de l’opposition, des malentendus et parfois même des malentendus entre eux et moi. Mais aujourd’hui leur caractère est éprouvé. Je sais que je peux leur faire confiance. Dans les temps d’anarchie et de faiblesse qui nous attendent, je veux savoir à qui je peux faire confiance.
Et moi ?
Tout d’abord, je veux être certain que l’on peut me faire confiance. Vous et moi sommes bien conscients des pressions quotidiennes qui nous poussent à nous servir nous-mêmes aux dépens des autres. Ne serais-je pas terriblement honteux si la pression pouvait me faire devenir infidèle ou déloyal envers des frères et sœurs auxquels je suis engagé dans le Corps de Christ ?
À cet égard, regardons le premier chapitre de Colossiens :
« C’est pour cela que nous aussi, depuis le jour où nous en avons entendu parler, nous ne cessons de prier Dieu pour vous et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres et croissant par la connaissance de Dieu ; fortifiés à tous égards par sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients. » (Colossiens 1:9-11)
N’est-il pas merveilleux de savoir que Dieu veut que vous et moi soyons remplis de la connaissance de sa volonté en toute sagesse et intelligence spirituelle ? Paul en donne la raison : « afin que vous marchiez d’une manière digne du Seigneur ». Gardons à l’esprit que lorsque nous sommes remplis de la connaissance de la volonté de Dieu, cela affecte notre manière de vivre. Cela affecte même la façon dont nous gérons l’adversité.
C’est une chose de souffrir longtemps ; c’en est une tout autre de souffrir longtemps avec joie. Il faut de la persévérance et de la force pour cela. La patience et la persévérance sont des marques de force ; elles ne sont pas des marques de faiblesse.
C’est un marathon
Regardons maintenant Hébreux 12:1 :
« Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance l’épreuve qui nous est proposée. »
L’auteur de l’épître aux Hébreux nous présente ici l’image d’une course que nous devons courir. Sur la ligne d’arrivée se trouve une immense foule de spectateurs qui attendent de voir qui gagnera. Cette foule de spectateurs est composée de tous les saints qui ont déjà achevé leur course et qui nous encouragent depuis les balcons du ciel.
Quand il dit : « rejetons tout fardeau », nous devons penser en fonction de cette course. Le coureur vide ses poches et porte les vêtements les plus légers et les plus souples possible. Il ne porte pas un seul gramme de poids inutile. Nous devons nous rappeler que certaines activités ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais qu’elles nous alourdissent et nous retiennent. Elles épuisent notre force ou nous obligent à leur consacrer trop de temps et d’attention.
Souvenez-vous : ce n’est pas un sprint. C’est une course longue et réfléchie. La qualité requise est la persévérance. Beaucoup de gens commencent la vie chrétienne comme si elle était une course de cent mètres. Peu après, ils halètent au bord de la piste. Ils sont épuisés et ils ont à peine commencé la course.
« La course n’est point aux agiles, ni la guerre aux vaillants… » (Ecclésiaste 9:11)
Ce qui compte, ce n’est ni la vitesse ni la force, mais la persévérance.
Construire le caractère ensemble
L’une des plus grandes épreuves de notre caractère est celle d’une communion étroite et engagée — comme dans un petit groupe où l’on se retrouve chaque semaine avec les mêmes personnes et où l’on partage sa vie avec elles. Après quelque temps, il devient difficile pour vous de ne pas voir certains aspects de votre vie qui n’étaient jamais vraiment apparus auparavant. Vous réalisez que lorsque vous êtes proche des gens ou intime avec eux, vous pouvez dissimuler certaines choses. Mais lorsque vous êtes engagé semaine après semaine dans une communion régulière, intime et étroite, vous devez soit reculer, soit corriger votre vie.
Mon ami Bob Mumford a dit un jour : « Supposons qu’il y ait dix domaines de votre caractère qui doivent changer. Vous pouvez probablement en traiter six vous-même. Mais pour les quatre autres, vous aurez besoin d’autres personnes qui mettent le doigt dessus. » Je pense que c’est une assez bonne moyenne.
Si je ne m’ouvre pas aux autres, je peux me tromper moi-même concernant certains aspects de mon caractère. Mais une communion engagée ne me donne pas les mêmes possibilités de me tromper. Quelqu’un a dit un jour que la communion, c’est « le toit enlevé, les murs abaissés ». Cela ne nous dérange pas d’enlever le toit, parce que Dieu voit de toute façon à travers le toit. Mais qu’en est-il d’abaisser les murs et de laisser les autres voir ?
Il n’existe pas de plus grande épreuve de notre caractère chrétien qu’une communion étroite.
Dans ma prochaine lettre, nous approfondirons ce thème. Pour l’instant, méditons sur les Écritures que nous avons parcourues et demandons au Seigneur de nous aider à construire ensemble un caractère de persévérance. En terminant cette lettre, pourquoi ne pas prendre un moment pour présenter cette demande à Jésus ?
*Prayer Response
Seigneur, je veux développer mon caractère. Puisque cela peut être un long processus, je comprends qu’il me faudra de la persévérance pour aller jusqu’au bout. Aide-moi, Seigneur. Déverse sur moi ta grâce et ta force afin que je puisse mener ce processus à son terme. Amen.

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Code: TL-L137-100-FRA












